Le microbiote : un deuxième cerveau se cache dans votre ventre

microbiote

Notre deuxième cerveau

Suite à des découvertes récentes, nous savons maintenant que notre ventre contient 200 millions de neurones qui joueraient un rôle sur l’ensemble de notre corps, en interaction avec le cerveau. De plus, nos intestins abritent une autre richesse : le microbiote intestinal, soit environ 100.000 milliards de bactéries. Ces dernières auraient un impact sur notre santé et pourraient devenir un inestimable vecteur de soins.

En effet, Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau, validant ainsi les connaissances des naturopathes, ostéopathes, homéopathes et accessoirement les enseignements de la médecine ayurvédique (3000 ans avant Jésus-Christ) et de la médecine chinoise (idem). Mais au moins maintenant, c’est officiel.

Notre ventre contient donc 200 millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète mais ils ont néanmoins découvert avec certitude que notre cerveau entérique, celui du ventre, produit 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions.

On savait depuis longtemps que ce que l’on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre aujourd’hui, preuves scientifiques à l’appui, que l’inverse est également vrai : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

Le microbiote intestinal – auparavant appelé flore intestinale – pèse entre 1,5 et 2 kg. Avec ses 200 millions de neurones et ses 100.000 milliards de bactéries (dix à cent fois plus de bactéries que l’ensemble des cellules que contient notre organisme), il est donc parfaitement en mesure d’influencer notre caractère et par conséquent notre quotidien.

Des expériences étonnantes ont été menées par un biologiste de l’Université McMaster au Canada : Stephen Collins. Il a remarqué que des souris sans microbiote, c’est-à-dire ne portant en elles aucune bactérie, se comportent de façon étrange. Elles prennent plus de risques et se mettent davantage en danger. Mais lorsque l’on introduit dans leur tube digestif une flore bactérienne, leur comportement change : elles deviennent plus prudentes. D’ailleurs, à ce propos, certains chercheurs pensent que les bactéries, qui étaient présentes sur la terre quelques millions d’années avant les êtres humains, sont peut-être en rapport avec une question de survie.

Cela a conduit le chercheur canadien à mener une expérience encore plus surprenante. Il a choisi deux souris au caractère diamétralement opposé. L’une, appelée Miranda, présentait un comportement particulièrement actif et téméraire et l’autre qui s’appelait Jacqueline était une souris beaucoup plus calme et bien plus réservée, notamment vis-à-vis des chats. Puis Collins a administré à chaque souris le microbiote de l’autre.

Résultat : Miranda, après avoir reçu les bactéries de Jacqueline, s’est complètement assagie alors que Jacqueline, après avoir reçu les bactéries de Miranda, est devenue beaucoup plus extravertie, limite agressive.

Cette expérience démontre que – chez les souris du moins –, les bactéries présentes dans le tube digestif ont une influence importante sur le cerveau et donc sur le comportement.

De grands espoirs thérapeutiques

Les traitements antibiotiques contre Clostridium difficile – un germe pathogène qui se loge dans les intestins affaiblis à la suite d’un traitement antibiotique par exemple – ne sont que peu efficaces car la bactérie mute sans cesse pour donner des souches de plus en plus virulentes. Pour l’éradiquer, les chercheurs testent depuis quelques années une solution pour le moins originale mais prometteuse : la transplantation de matière fécale.

Jusqu’à aujourd’hui, ce transplant était majoritairement administré par coloscopie via un tube mais dorénavant, ce nouveau traitement antibactérien consiste à faire avaler au patient des gélules composées de selles humaines provenant d’un donneur sain. Ces capsules, de quelques centimètres de longueur, renferment ni plus ni moins des excréments congelés.

Dans 90 % des cas, ce cocktail de bonnes bactéries répare l’intestin, éliminant ainsi la Clostridium difficile qui rappelons-le cause trois fois plus de morts que le staphylocoque doré.

Au vu de certaines découvertes, des maladies neurodégénératives comme le Parkinson pourraient trouver leur origine dans notre ventre.

Cette maladie démarre longtemps avant que les premiers troubles moteurs n’apparaissent. Or, quand les tremblements surviennent, il est déjà trop tard pour la guérir puisque 70 % des neurones sont déjà détruits. Donc, si on arrivait à la diagnostiquer dix à vingt ans plus tôt par une simple biopsie intestinale de routine (bien moins risquée qu’une biopsie pratiquée sur le cerveau), cela pourrait permettre de largement anticiper sur la destruction irréversible des neurones.

On pourrait donc utiliser le ventre et ses millions de neurones comme une fenêtre pour voir ce qui se passe… dans le cerveau !

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